Profils épidémiologiques des cas de dengue hospitalisés dans le Service des Maladies Infectieuses du CHU Yalgado Ouédraogo de 2015 à 2024
Arouna Gnamou, Arsène Abdoul Gafourou Ouédraogo, Hamadé Zonon, Salamata Sanfo, Serge Sanou, Guélilou Zémané, Djeneba Ly, Saidou Chaibou Nassirou, Viviane Agnihan Boni, Yacouba Soré, Annette Tenwende Ouedraogo, Abdoul Kader Dao, Toh Sib, Djiblirou Tamboura, Abdoulaye Sawadogo, Ismaël Diallo, Mamoudou Savadogo, Apoline Kongnimissom Sondo
Corresponding author: Arouna Gnamou, Service des Maladies Infectieuses, Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo, Ouagadougou, Burkina Faso 
Received: 17 Dec 2025 - Accepted: 31 Dec 2025 - Published: 16 Apr 2026
Domain: Infectious diseases epidemiology,Public health emergencies,Infectious disease
Keywords: Dengue, épidémiologie, hospitalisation, Burkina Faso, arbovirose
Funding: Ce travail n'a reçu d'aucune subvention spécifique de la part d'un organisme de financement public, commercial ou à but non lucratif.
©Arouna Gnamou et al. PAMJ-One Health (ISSN: 2707-2800). This is an Open Access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution International 4.0 License (https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited.
Cite this article: Arouna Gnamou et al. Profils épidémiologiques des cas de dengue hospitalisés dans le Service des Maladies Infectieuses du CHU Yalgado Ouédraogo de 2015 à 2024. PAMJ-One Health. 2026;19:14. [doi: 10.11604/pamj-oh.2026.19.14.50656]
Available online at: https://www.one-health.panafrican-med-journal.com/content/article/19/14/full
Research 
Profils épidémiologiques des cas de dengue hospitalisés dans le Service des Maladies Infectieuses du CHU Yalgado Ouédraogo de 2015 à 2024
Profils épidémiologiques des cas de dengue hospitalisés dans le Service des Maladies Infectieuses du CHU Yalgado Ouédraogo de 2015 à 2024
Epidemiological profiles of dengue cases hospitalized in the Infectious Diseases Department of Yalgado Ouédraogo University Hospital from 2015 to 2024
Arouna Gnamou1,&,
Arsène Abdoul Gafourou Ouédraogo1,2,
Hamadé Zonon1, Salamata Sanfo1, Serge Sanou1, Guélilou Zémané1, Djeneba Ly1, Saidou Chaibou Nassirou1, Viviane Agnihan Boni1, Yacouba Soré1, Annette Tenwende Ouedraogo1, Abdoul Kader Dao1, Toh Sib1, Djiblirou Tamboura3,
Abdoulaye Sawadogo3,4, Ismaël Diallo1,2, Mamoudou Savadogo1,2,
Apoline Kongnimissom Sondo2
&Auteur correspondant
Introduction: la dengue constitue une arbovirose émergente, responsable d'épidémies récurrentes avec un impact croissant sur les systèmes de santé. Au Burkina Faso, les données hospitalières décrivant le profil épidémiologique des cas hospitalisés restent limitées. Or, ces données sont essentielles pour mieux caractériser les populations les plus touchées, adapter les stratégies de prise en charge et renforcer les dispositifs de surveillance et de prévention.
Méthodes: il s'est agi d'une étude transversale analytique rétrospective menée dans le service des maladies infectieuses du CHU Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou, du 1er octobre 2015 au 30 novembre 2024. Tous les cas de dengue hospitalisés confirmés par test de diagnostic rapide (Ag NS1 et/ou IgM/IgG) ont été inclus. Les données sociodémographiques, cliniques, biologiques et évolutives ont été analysées à l'aide du logiciel STATA 16. Une analyse multivariée par régression logistique a permis d'identifier les facteurs associés au décès. Le seuil de significativité des différences était fixé à 5%.
Résultats: au total, 767 cas de dengue ont été recensés sur 2 698 hospitalisations, soit une prévalence hospitalière globale de 28,4%. Les années 2016, 2017 et 2023 enregistraient respectivement 27,6%, 27,8% et 32,5% des cas. Les hospitalisations survenaient majoritairement entre septembre et novembre, avec un pic en octobre (42,6%). L'âge moyen des patients était de 32,2 ± 14,5 ans, avec une prédominance masculine (54,5%). Les algies diffuses (85,4%) et la fièvre (60,2%) étaient les principaux motifs de consultation. L'antigène NS1 était positif chez 82,5% des patients et 51,0% des cas étaient classés comme dengue sévère selon l'OMS 2013. La létalité globale était de 8,9%. En analyse multivariée, l'infection par le VIH (OR = 6,40; IC95% [2,18-18,75]) et la prise de décoction (OR = 3,49; IC95% [1,57-7,74]) étaient significativement associées au décès.
Conclusion: la dengue représente une cause majeure d'hospitalisation au CHU Yalgado Ouédraogo, avec une prévalence élevée et une létalité non négligeable. Le renforcement de la prévention, de la surveillance épidémiologique et de la prise en charge précoce est essentiel pour réduire la morbidité et la mortalité liées à cette arbovirose.
Introduction: dengue is an emerging arboviral disease responsible for recurrent epidemics with an increasing impact on health systems. In Burkina Faso, hospital-based data describing the epidemiological profile of hospitalized dengue cases remain limited. Such data are essential to better characterize the most affected populations, adapt management strategies, and strengthen surveillance and prevention systems. Methods: we conducted a retrospective analytical cross-sectional study conducted in the Infectious Diseases Department of Yalgado Ouédraogo University Hospital in Ouagadougou from October 1, 2015, to November 30, 2024. All hospitalized dengue cases confirmed by rapid diagnostic testing (NS1 antigen and/or IgM/IgG) were included. Sociodemographic, clinical, biological, and evolutionary data were analyzed using STATA version 16. Multivariate logistic regression analysis was performed to identify factors associated with mortality. The threshold for statistical significance was set at 5%. Results: a total of 767 dengue cases were recorded among 2,698 hospitalizations, representing to an overall hospital prevalence of 28.4%. The years 2016, 2017, and 2023 accounted for 27.6%, 27.8%, and 32.5% of cases, respectively. Most hospitalizations occurred between September and November, with a peak in October (42.6%). The mean age of patients was 32.2 ± 14.5 years, with a male predominance (54.5%). Diffuse pain (85.4%) and fever (60.2%) main reasons for consultation. NS1 antigen was positive in 82.5% of patients, and 51.0% of cases were classified as severe dengue according to WHO 2013 criteria. Overall case fatality rate was 8.9%. In multivariate analysis, HIV infection (OR = 6.40; 95% CI [2.18-18.75]) and consumption of herbal decoctions (OR = 3.49; 95% CI [1.57-7.74]) were significantly associated with death. Conclusion: dengue represents a major cause of hospitalization at Yalgado Ouédraogo University Hospital, with a high prevalence and a substantial case fatality rate. Strengthening prevention, epidemiological surveillance, and early case management is essential to reduce morbidity and mortality related to this arboviral disease.
Key words: Dengue, epidemiology, hospitalization, Burkina Faso, arboviral disease
La dengue est une maladie virale transmise à l'homme par la piqure des moustiques du genre Aedes, principalement Aedes aegypti [1]. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), c'est l'arbovirose la plus répandue au monde, touchant annuellement près de 400 millions de personnes. La dengue traditionnellement endémo-épidémique dans les régions tropicales et subtropicales de la planète, touche désormais de nouvelles régions, y compris des zones tempérées, en raison de facteurs tels que le changement climatique, l'urbanisation rapide et l'augmentation des déplacements des populations [2]. Il s'agit d'une maladie réémergente, endémique dans plus de 100 pays avec une prédilection pour les zones urbaines et péri-urbaines. L'incidence de la dengue a augmenté de manière spectaculaire ces dernières décennies passant de 505430 en 2000, à plus de 5,2 millions en 2019 selon l'OMS. Le pic a été atteint en 2023 avec plus de 6,5 millions de cas, plusieurs pays ont déclaré des épidémies [2].
En Afrique, la dengue fut longtemps considérée comme une maladie tropicale négligée (MTN), elle était certainement sous diagnostiquée, confondue avec le paludisme car ayant une symptomatologie presqu'identique, aujourd'hui, elle y est désormais reconnue comme problème de santé publique émergent avec des épidémies récurrentes de plus en plus importantes [2]. Selon l'OMS, l'Afrique figure parmi les continents les plus touchées par les arboviroses y compris la dengue. En 2023, plus de 15 pays ont signalées des flambées épidémiques [2].
En 2023, le Burkina Faso a été le pays le plus touché, avec une épidémie de dengue d'une ampleur sans précédent [2]. Le pays connaît toutefois des flambées récurrentes de dengue. En effet, dès 2016, le Burkina Faso a enregistré une importante épidémie au cours de laquelle 1 561 cas probables ont été rapportés, avec une létalité de 7,2% parmi les cas hospitalisés [3,4]. Ensuite en 2017, le pays a connu une deuxième épidémie consécutive au cours de laquelle plus de 8804 cas probables et 36 décès ont été enregistrés. Enfin, au cours de l'année 2023, le pays a enregistré sa plus grande épidémie touchant essentiellement les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, avec plus de 150000 cas suspects notifiés entre le 1er janvier et le 5 décembre 2023 [5-7]. L'épidémie de 2023 est survenue dans un contexte ou le système de santé burkinabè déjà fragilisé par les conséquences de la pandémie de COVID-19, ainsi que par la double crise sécuritaire et humanitaire que traverse le pays [7]. Ces facteurs ont contribué à une surcharge des structures de santé, mettant à nue la vulnérabilité du système de santé.
Le Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO), hôpital de référence national joue un rôle important dans la prise en charge des cas graves de dengue dans la ville de Ouagadougou et ses environs, notamment dans son service des Maladies Infectieuses (SMI). Lors des épidémies de dengue, ce service reçoit de nombreux cas de dengue, y compris les plus sévères nécessitant une prise en charge médicale spécialisée. Malgré la fréquence croissante des cas hospitalisés de dengue, les données épidémiologiques hospitalières sont rares et insuffisamment exploitées. Dans notre contexte, très peu d'études ont décrit le profil des patients hospitalisés. Or ces données sont importantes pour comprendre les modalités de la transmission, adapter la prise en charge et anticiper les périodes de flambées de cas. Au regard de tout ce qui précède, il nous a paru important d'étudier l'épidémiologie des cas de dengue hospitalisés dans ce service pour analyser les tendances au fil des années, identifier les groupes les plus touchés et mesurer l'impact de la maladie sur la morbidité dans le service. Cela permettra de fournir des données importantes afin d'orienter les politiques de santé publique et améliorer la prévention et la gestion de la dengue au Burkina Faso.
Cadre, population, type et période d'étude
L'étude s'est déroulée dans le service de maladies infectieuses du CHU-YO, situé dans la capitale Ouagadougou, l'un des plus grands hôpitaux de référence du Burkina Faso. Il s'est agi d'une étude transversale analytique à collecte de données rétrospective allant du 1er octobre 2015 au 30 novembre 2024. Elle a concerné tous les cas de dengue hospitalisés durant la période d'étude. A été considéré comme cas de dengue, tout patient présentant une fièvre aigue avec un test de diagnostic rapide (TDR) positif (IgM et/ou IgG et /ou Ag NS1). Les cas pour lesquels les IgG étaient négatives ont été considérés comme dengue primaire et ceux ayant une positivité simultanée de l'AgNS1 et des IgG une dengue secondaire.
Echantillonnage, collecte et analyse des données
Nous avons réalisé un recensement de tous les cas à travers une revue documentaire avec les dossiers et les registres de consultation des cas de dengue hospitalisés dans le service. Les données ont été recueillies sur une fiche d'enquête individuelle. Elle comprenait les variables sociodémographiques, biologiques et évolutives des patients de l'étude. Une fois les données collectées, elles ont été saisies à l'aide du logiciel Kobocollect, traitées et analysées sur un micro-ordinateur à l'aide du logiciel STATA 16. Une description des variables quantitatives a été faite en termes de moyenne et d'écart type, et les variables qualitatives sous forme d'effectifs et de pourcentages. Pour évaluer les associations entre les variables catégorielles nous avons utilisé le test de Khi2, puis nous avons appliqué une régression logistique afin d'analyser les facteurs épidémiologiques associés au décès en analyse multivariée. Le seuil de signification retenu pour les différences observées était de 0,05.
Considérations éthiques et déontologiques
Nous avons obtenu l'autorisation du directeur général du CHU-YO pour la réalisation de cette étude. Cette étude a été réalisée dans le respect des principes éthiques. Les données ont été collectées de façon anonyme à partir des dossiers médicaux des patients hospitalisés. Aucune information nominative ne figurait dans la base de données. L'anonymat et la confidentialité des participants ont été strictement garantis par l'utilisation de codes, et les données ont été utilisées exclusivement à des fins scientifiques.
Prévalence hospitalière et variations temporelles
Durant la période d'étude, 767 cas de dengue ont été colligés sur un total de 2 698 patients hospitalisés, soit une prévalence hospitalière globale de 28,4%. La prévalence hospitalière annuelle variait selon les années, avec des proportions de 59,9% en 2016; 51,8% en 2017 et 40,6% en 2023 (Figure 1). Sur l'ensemble des cas de dengue colligés, les années 2023, 2017 et 2016 représentaient respectivement 32,5% (n = 238), 27,8 % (n = 205) et 27,6% (n = 202) des cas (Figure 2). La répartition mensuelle des cas hospitalisés montrait une augmentation progressive à partir du mois de septembre, avec un maximum de cas recensé en octobre (42,6%), suivi de novembre (31,4%) et septembre (15,5%) (Figure 3).
Données sociodémographiques
L'âge moyen des patients était de 32,2 ans ± 14,5 ans avec des extrêmes de 2 ans et 81 ans. La tranche d'âge de [16-30] ans représentait 52,2% de notre effectif total. Les patients de moins de 15 ans représentaient 4,3% (n=33). Les patients de sexe masculin représentaient 54,5% (n=418) de l'effectif total. Les élèves/étudiants, les travailleurs du secteur informel et les salariés représentaient respectivement 28,3%, 26,1% et 17,6%. Les caractéristiques sociodémographiques sont résumées dans le Tableau 1.
Données cliniques et biologiques
Plus du tiers (35,7%) des patients avaient entrepris une automédication avant l'hospitalisation. Les antipaludiques étaient utilisés dans 19,4% des cas d'automédication. Les patients avaient entrepris un traitement par des décoctions dans 5,6 %. Parmi les antécédents médicaux que présentaient les patients, l'hypertension artérielle représentait 9,5%, la drépanocytose 7,4% et la grossesse 6,2% (Tableau 2). Les algies diffuses étaient le motif le plus fréquent de consultation dans 85,4% des cas (n= 655), suivi de la fièvre dans 60,2% (n=462) et de nausées/vomissements dans 53,32% (n=409). Selon la classification OMS 2013, la dengue était classée sévère dans 51,0% (Tableau 2). L'antigène NS1 était positif chez 82,5% des patients (n=633). On notait une dengue secondaire chez 16,0% des patients (n=123). La goutte épaisse est revenue positive chez 25,2 % des patients (Tableau 2).
Aspects évolutifs
La durée moyenne d'hospitalisation était de 5,90 jours ± 4,71 jours avec des extrêmes de 0 et 52 jours (Tableau 2). La létalité globale était de 8,9%. L'année 2023 a enregistré 32,35% des décès, les années 2016 et 2017 en ont enregistré respectivement 23,53% et 20,59%. Les patients décédés avaient un âge moyen de 36,22 ±16,43 ans et étaient de sexe masculin dans 58,8% des cas (n=40). Ils étaient en phase virémique dans 82,35% des cas et avaient comme antécédents, la prise de décoction (13,23%), l'HTA (13,2%) et l'infection au VIH/SIDA 8,8%). La durée moyenne de survenue du décès était de 3,6 ± 3,4 jours.
Facteurs associés aux décès
En analyse univariée, il ressort que l'âge, l'infection au VIH et la prise de décoction étaient significativement associés au décès. En analyse multivariée, les patients infectés par le VIH (6,40 [2,18-18,75], p = 0,001) et ceux ayant consommé des produits traditionnels (3,49 [1,57-7,74], p = 0,002) avaient respectivement 6,40 et 3,49 fois plus de risque de décéder (Tableau 3).
Prévalence hospitalière et variations temporelles de la dengue
La prévalence hospitalière globale élevée de 28,4% dans notre étude, reflète une forte transmission du virus de la dengue au Burkina Faso en particulier dans la ville de Ouagadougou. Cette valeur est nettement supérieure à celles rapportées dans plusieurs études hospitalières menées dans la sous-région ouest-africaine, où des prévalences comprises entre 5% et 20% ont été décrites chez des patients hospitalisés pour syndrome fébrile [8,9]. Cette différence pourrait s'expliquer par le caractère tertiaire et spécialisé du service des maladies infectieuses, qui reçoit préférentiellement des cas graves ou compliqués, souvent référés tardivement depuis des structures de santé périphériques de Ouagadougou et de ses environs.
La prévalence hospitalière annuelle variait selon les années, avec des proportions particulièrement élevées en 2016 (59,9%), 2017 (51,8%) et 2023 (40,6%), traduisant une forte pression de la dengue sur les activités du service au cours de ces périodes épidémiques. Ces pics correspondent à des années au cours desquelles des flambées de dengue ont été officiellement signalées au Burkina Faso, avec la ville de Ouagadougou comme l'un des principaux foyers de transmission. Lors des périodes épidémiques, ce service joue un rôle de centre de référence, ce qui entraîne un afflux massif de patients atteints de dengue venant s'ajouter à une charge déjà élevée liée à d'autres pathologies infectieuses endémiques telles que le paludisme, les infections bactériennes sévères ou les pathologies opportunistes du VIH/SIDA. De par son statut de centre de référence, le service des maladies infectieuses, reçoit préférentiellement des cas graves ou compliqués, souvent référés tardivement depuis des structures de santé périphériques de Ouagadougou et de ses environs. Cette situation contribue probablement à une surestimation de la prévalence hospitalière par rapport à la prévalence réelle dans la population générale, mais reflète néanmoins l'impact sanitaire réel de la dengue sur le système hospitalier.
Avec l'urbanisation rapide qui favorise la prolifération du vecteur en milieu urbain et périurbain, cela se traduit par la survenue d'épidémies récurrentes ces dernières années [5,10-12]. L'analyse des tendances annuelles montre d'abord une augmentation des cas hospitalisés en 2016 avec 59,9% et en 2017 51,8% correspondant à des années ou des épidémies de dengue avaient été signalées dans le pays avec Ouagadougou comme l'un des épicentres [4]. Puis entre 2020 et 2022, on notait une faible fréquence de la dengue. Cette baisse est probablement liée aux restrictions de la pandémie à COVID-19 qui ont réduit la mobilité et mobilisé des ressources, aussi les patients redoutant de se rendre à l'hôpital par crainte d'être exposés au virus [2,13]. Ce qui pourrait avoir limité la surveillance et le diagnostic des autres pathologies y compris la dengue. Ensuite, une recrudescence des cas de dengue a été observée en 2023. En effet l'année 2023 a connu un nombre important de cas de dengue dans le monde, selon l'OMS plus de 80 pays ont été touché dans le monde. C'est ainsi que le Burkina Faso a connu sa plus grande épidémie de dengue avec plus de 70433 cas probables et 709 morts [4,5,7]. Les zones les plus touchées étaient les régions du centre (56,5% des cas) et des hauts Bassins (24% des cas) [3,8].
Selon l'OMS, la recrudescence de la transmission de la dengue observée en 2023 s'expliquerait par une conjonction de plusieurs facteurs, notamment environnementaux, sanitaires et socio-politiques. Parmi les facteurs environnementaux, on retrouve le réchauffement climatique, responsable d'une augmentation des températures, de l'humidité et des précipitations, conditions favorables à la prolifération du moustique vecteur du virus. Aussi, le phénomène climatique El Niño observé en 2023 aurait également contribué à ces dérèglements [2]. Sur le plan sanitaire, la pandémie de COVID-19 a fragilisé les systèmes de santé dans de nombreux pays, limitant les capacités de surveillance, de diagnostic et de réponse aux épidémie [13]. Enfin, des facteurs sociopolitiques tels que les mouvements massifs de population, l'instabilité politique et les crises économiques ont également joué un rôle en compliquant les efforts de prévention et de contrôle de la maladie. Cette épidémie a fortement ébranlé le système de santé en particulier les services spécialisés tels que celui des maladies infectieuses qui recevaient les cas graves.
L'analyse des tendances mensuelles objective une augmentation des cas hospitalisés à partir du mois d'aout pour atteindre un pic en novembre (42,6%). Cette période correspond à la saison pluvieuse qui s'étend de juin à octobre dans la majorité du pays et en particulier à Ouagadougou [14]. Les précipitations et l'humidité vont favoriser la multiplication des moustiques vecteurs du virus d'où une augmentation du risque de transmission [15]. Yousseu et al. dans leurs études ont également trouvé des résultats similaires [16]. A l'approche de ces périodes, il serait important de renforcer les mesures de prévention, aussi de combiner des campagnes de destruction des gîtes larvaires avec une sensibilisation des populations pour réduire leur exposition aux moustiques.
Données sociodémographiques
Les cas de dengue concernaient essentiellement des adultes jeunes. Cette tranche de la population est la plus active avec une mobilité plus importante augmentant ainsi leur exposition aux piqures de moustiques du fait de leurs activités socioprofessionnelles. D'autres auteurs ont fait le même constat dans les pays d'Afrique subsaharienne. En effet, Nemg et al. au Cameroun en 2018 retrouvait une moyenne d'âge de 30,71 ans [17], Sondo et al. au Burkina, Salou et al. au Togo, Otu et al. au Nigeria, retrouvaient respectivement 38 ans, 36 ans, 34 ans [18-20]. Les hommes sont le plus souvent exposés à l'extérieur du fait de leurs activités professionnelles, de loisirs ou de détentes. Par contre Boillat et al. en Tanzanie en 2018 et Gutu et al. en Ethiopie en 2021, retrouvaient des proportions respectives de 53,03% et 61% pour le sexe féminin [21,22]. Au regard de tout ce qui précède, aucune corrélation directe n'a été observée entre le sexe, l'âge et la survenue de la dengue. Elle peut survenir à tout âge et sexe en fonction du degré d'exposition, il est donc important d'adapter les campagnes de préventions à tout le monde.
Données cliniques et biologiques
Dans cette étude, les algies diffuses constituaient le principal motif de consultation, retrouvées chez 85,4% des patients hospitalisés pour dengue. Cette prédominance reflète la forte circulation virale et le caractère systémique de l'infection, fréquemment associée à des manifestations algiques marquées. La fièvre, présente chez 60,2% des patients, n'était pas constante à l'admission, suggérant des délais variables de consultation ou une automédication préalable avant l'hospitalisation. Les nausées et vomissements, observés dans plus de la moitié des cas, confirment la fréquence des atteintes digestives au cours de la dengue. Globalement, ces résultats traduisent une symptomatologie dominée par des symptômes généraux peu spécifiques, ce qui peut contribuer au sous-diagnostic de la dengue notamment dans les pays de forte transmission palustre [5,23]. Ils soulignent l'importance d'intégrer systématiquement la dengue dans le diagnostic différentiel des syndromes fébriles algiques afin d'améliorer la surveillance épidémiologique et la prise en charge hospitalière. D'autant plus que les coinfections dengue-paludisme sont possible en témoigne la proportion élevée de cas de coïnfection retrouvé dans notre étude. Cette fréquence s'explique par le fait que ces deux pathologies ont le même mode de transmission vectorielle, des signes cliniques communs (fièvre, céphalées, douleurs diffuses, nausées, vomissement), et sont toutes deux endémiques dans notre contexte. Ces similitudes cliniques et épidémiologiques justifient la nécessité de rechercher systématiquement la dengue chez tout patient atteint de paludisme hospitalisé, et vice-versa, afin de garantir une prise en charge adaptée, notamment dans les formes sévères.
La majorité de nos patients étaient positifs à l'antigène NS1, un marqueur direct du virus, suggérant donc la phase virémique de la maladie, une période marquée par une forte potentialité de transmission du virus en cas de repas sanguin du moustique vecteur [24,25]. Une proportion similaire avait été rapportée dans des études antérieures [25-27]. La forte proportion de patients positifs à l'AgNS1 dans notre étude signifie une consultation précoce des malades en phase aigüe. L'antigène étant retrouvé dans le sang de l'individu dans les sept premiers jours du début de l'infection [28]. Cette phase correspondant à la période virémique, la présence de cet antigène traduisant la présence du virus dans le sang. Les patients à cette phase devraient dormir sous moustiquaire et aussi adopter les moyens physiques pour prévenir la piqure de moustique. Cela permettra de rompre la chaine de transmission de la maladie et contribuer à stopper la propagation de l'infection.
Aspects évolutifs
La durée moyenne d'hospitalisation était de 5 jours dans notre étude, comparable à celles rapportées par Faye et Diallo, qui avaient retrouvé des durées moyennes respectives de 6 jours et de 4,6 jours [29,30]. Cette similitude des durées d'hospitalisation témoigne du caractère aigu de la dengue et de l'évolution généralement bénigne de la maladie lorsqu'elle est prise en charge précocement. Dans notre série, la létalité globale retrouvée était de 8,9 avec l'année 2023 comme année ou le nombre de décès a plus été enregistré. Diallo retrouvaient 4,1%, Mariko au Mali en 2008 notait 3,7% [29,31]. En 2023, le Burkina Faso a connu une épidémie de dengue sans précèdent avec un taux de létalité national de 0,5% selon les données de l'annuaire statistique 2023 [5,32]. Parmi les régions les plus touchées, la région du Centre comprenant la capitale Ouagadougou a enregistré 91081 cas et 311 décès, représentant une létalité de 0,3% [32]. Cette forte létalité pourrait s'expliquer par la charge de travail élevée liée à l'affluence des patients surtout en période de flambée et la méconnaissance de la dengue d'une part par certains agents de santé et d'autres part par le retard des consultations et à l'automédication des patients [33]. Par conséquent des séances de formation continue des agents de santé associé à des campagnes des sensibilisations pourraient contribuer à réduire la mortalité liée à cette maladie.
L'analyse de la létalité hospitalière de la dengue selon les années montre une variation des taux. En 2015, on observait une létalité modérée de 11,1%, tandis qu'en 2018, elle a augmenté à 16,7%. Cependant en 2023, malgré un nombre de cas élevé de dengue, la létalité hospitalière de la dengue a diminué à 9,2 %. Cette baisse pourrait refléter une amélioration des protocoles de prise en charge, une gestion plus efficace des cas graves grâce à un accès précoce aux soins.
Facteurs associés au décès
Dans notre série, la prise de décoction étaient significativement associés au décès. Sondo et al., dans leurs travaux, retrouvaient l'insuffisance rénale aigue comme étant la principale complication de la dengue [18,34]. La prise de décoction étant une cause majeure d'insuffisance rénale dans notre contexte, il est essentiel de renforcer la sensibilisation des populations quant aux risques liés à la consommation de produits potentiellement néphrotoxiques [35]. L'infection par le VIH était également associée aux décès. Dans une méta-analyse, Sohail et al. soulignent que les patients immunodéprimés présentaient une plus grande probabilité de développer une dengue sévère [36]. Cette association pourrait s'expliquer par une réponse immunitaire altérée, réduisant la capacité à combattre efficacement le virus de la dengue. La coexistence de ces deux pathologies pourrait augmenter la vulnérabilité des patients en raison de l'immunosuppression induite par le VIH [37]. Par conséquent une prise en charge multidisciplinaire intégrant le suivie du traitement antirétroviral et une surveillance renforcée des signes en cas de dengue est nécessaire. Notre étude de par la nature de la collecte rétrospective a connu des limites, notamment, la non disponibilité de la Polymerase Chain Reaction (PCR) ne nous a pas permis de connaitre les différents sérotypes circulants. Aussi l'étude a été réalisé dans un seul CHU de la ville rendant difficile l'extrapolation des données.
Notre étude met en évidence une prévalence hospitalière élevée de la dengue, traduisant l'importance croissance de cette arbovirose comme motif d'hospitalisation dans un pays d'endémie palustre. Les cas hospitalisés sont enregistrés durant toute l'année, mais on note une augmentation à partir du mois d'août pour atteindre son pic en octobre, correspondant à la saison des pluies qui favorise la prolifération des moustiques vecteurs. La population la plus touchée était des adulte jeunes, soulignant ainsi une vulnérabilité de cette tranche active de la population burkinabè. La prise de décoction, l'âge avancé et la coïnfection avec le VIH sont des facteurs de mauvais pronostic. Ces résultats montrent l'importance de maintenir des efforts constants en matière de sensibilisation, de prévention et de surveillance pour éviter de nouvelles flambées et protéger les populations vulnérables. Aussi il sera important pour les autorités sanitaires de renforcer la préparation des structures de santé pendant les périodes à risque, afin de réduire la morbidité et la mortalité liées à la dengue au Burkina Faso.
Etat des connaissances sur le sujet
- La dengue est une arbovirose émergente en Afrique de l'Ouest avec des épidémies récurrentes;
- Le Burkina Faso connaît des flambées épidémiques importantes, notamment dans les grandes villes;
- Les formes sévères de dengue sont associées à une mortalité non négligeable en milieu hospitalier.
Contribution de notre étude à la connaissance
- Elle décrit, sur une période de dix ans, le profil épidémiologique et évolutif des cas de dengue hospitalisés dans un hôpital de référence national;
- Elle met en évidence une prévalence hospitalière élevée et une forte proportion de formes sévères;
- Elle identifie l'infection par le VIH et la consommation de décoction comme facteurs de risque de mortalité.
Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
Arouna Gnamou et Abdoul Gafourou Arsène Ouédraogo ont conçu l'étude, analysé les données et rédigé le manuscrit. Guélilou Zémané, Djeneba Ly, Hamadé Zonon, Yacouba Soré, Toh Sib, Abdoul Kader Dao et Serge Sanou ont participé à la collecte des données et à l'interprétation des résultats. Saidou Chaibou Nassirou , Viviane Agnihan Boni Annette Tenwende Ouédraogo et Salamata Sanfo ont contribué à l'analyse statistique. Djiblirou Tamboura, Abdoulaye Sawadogo, Ismaël Diallo, Mamoudou Savadogo et Apoline K Sondo ont relu et approuvé la version finale du manuscrit. Tous les auteurs ont lu et approuvé la version finale.
Les auteurs remercient la direction du Centre Hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo et l'ensemble du personnel du service des maladies infectieuses pour sa collaboration et son appui durant toute la collecte des données.
Tableau 1: caractéristiques sociodémographiques des cas de dengue hospitalisés dans le service des maladies infectieuses du CHU-YO de 2015 à 2024
Tableau 2: caractéristiques clinico-biologiques, thérapeutiques et évolutives des patients hospitalisés pour dengue dans le service des maladies infectieuses de 2015 à 2024
Tableau 3: facteurs associés aux décès des cas de dengue hospitalisés dans le service des maladies infectieuses du CHU-YO de 2015 à 2024
Figure 1: évolution de la prévalence hospitalière annuelle de la dengue de 2015 à 2024
Figure 2: répartition annuelle des cas de dengue hospitalisés dans le service des maladies infectieuses de 2015 à 2024
Figure 3: répartition mensuelle des cas de dengue hospitalisés dans le service des maladies infectieuses du CHU-YO de 2015 à 2024
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This article authors
On Pubmed
- Arouna Gnamou
- Arsène Abdoul Gafourou Ouédraogo
- Hamadé Zonon
- Salamata Sanfo
- Serge Sanou
- Guélilou Zémané
- Djeneba Ly
- Saidou Chaibou Nassirou
- Viviane Agnihan Boni
- Yacouba Soré
- Annette Tenwende Ouedraogo
- Abdoul Kader Dao
- Toh Sib
- Djiblirou Tamboura
- Abdoulaye Sawadogo
- Ismaël Diallo
- Mamoudou Savadogo
- Apoline Kongnimissom Sondo
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- Arouna Gnamou
- Arsène Abdoul Gafourou Ouédraogo
- Hamadé Zonon
- Salamata Sanfo
- Serge Sanou
- Guélilou Zémané
- Djeneba Ly
- Saidou Chaibou Nassirou
- Viviane Agnihan Boni
- Yacouba Soré
- Annette Tenwende Ouedraogo
- Abdoul Kader Dao
- Toh Sib
- Djiblirou Tamboura
- Abdoulaye Sawadogo
- Ismaël Diallo
- Mamoudou Savadogo
- Apoline Kongnimissom Sondo





